Paul Grimault: Un Trait Unique!

3 janvier 2019

Littérature

Lorsque la violence et le mauvais goût envahissent nos écrans, il ne nous reste plus qu’à nous retrancher derrière toute la beauté de l’élégance et de la simplicité. Découvert au hasard de mes pérégrinations livresques, ce superbe album sur Paul Grimaud, artisan incontesté de l’animation française. Je reste encore profondément marqué par le charme époustouflant de son « Le roi et l’oiseau » où le dessin est à ce point sublimé dans toute sa fraîcheur et sa simplicité. Dans un décor quasi-surréaliste, le réalisateur nous prouve par son approche originale et inégalée, que la France reste et demeure un des chef de file du film d’animation poétique, tant pour l’excellence de sa technique que pour la singularité de ses thématiques. Mais sans nul doute s’agit-il ici de l’arbre qui cache la forêt comme nous le prouve ce magnifique ouvrage publié chez Seuil en 1991 . « Traits de mémoire » est donc un ouvrage souvenir, avec de magnifiques planches, reproductions et photos de l’artiste, de son œuvre et de ses rencontres. Une carrière brillante et exemplaire, un portrait basé sur des témoignages et des souvenirs qui nous révèlent un homme passionnant et passionné.
Véritable poète de l’image, un magicien des couleurs , Paul Grimaud commence sa carrière comme dessinateur de meubles pour intégrer la société de publicité Damour où il va faire deux rencontres déterminantes, celle de Jean Anouilh et Jacques Prévert. Dans les années 30, il réalisera quelques films expérimentaux pour fonder ensuite en 1936 avec André Surraut, ce qui aurait pu devenir l’équivalent des studios Disney, la société de production « Les Gémeaux » dans laquelle il va élaborer de nombreux films publicitaires de commande . Mais il a en tête un projet plus ambitieux, à la hauteur de son talent, la création d’un long-métrage d’animation « Gô chez les oiseaux » pour ensuite travailler en 1942 sur une autre commande publicitaire pour la compagnie Air France « Les passagers de la grande Ourse ». Une magnifique œuvre de science-fiction dont il ne reste me semble t-il aucun trace si ce n’est au travers de l’ouvrage publié par la NRF en 1944 en duo avec Paul Guth (sous le pseudonyme de Paul Mariel), une œuvre pour la jeunesse, mais très prometteuse où l’on retrouve Gô touchant par inadvertance les manettes d’une engin intersidéral « La grande Ourse » et qui va s’envoler dans l’espace. Firmin, un robot seul maître à bord, les pourchasse. Sniff sauvera la vie de Gô et le robot domestiqué leur offrira finalement un excellent déjeuner. Dans les années 40, il réalisera d’autres courts métrages : « Le marchand de notes », « L’épouvantail », « Le voleur de paratonnerres » ainsi que « Le petit soldat » en partenariat avec son ami Jacques Prévert. C’est avec ce dernier qu’il met sur pied un projet qui mettra des années à se concrétiser, le premier long-métrage d’animation français en couleur adapté d’un conte d’Andersen « La bergère et le ramoneur ». Mais de nombreux différents avec son associé André Sarrut, repousse sans cesse la sortie du film, à tel point qu’il va créer en 1951 sa propre société de production « Les films Paul Grimault ». Ne perdant pas espoir, après une bataille juridique éprouvante, il retravaille le métrage initial pour finalement sortir en solo (son ami Prévert meurt l’année de la sortie du « Roi et l’oiseau » en 1977). À la première projection de cette animé, Grimault garde à coté de lui un fauteuil vide ou l’on imagine la présence de son ami de toujours. Il impacte tellement la critique lors de sa projection, que « Le roi et l’oiseau » va recevoir le premier prix Louis Delluc attribué à un dessin animé.
Ce dessin animé marquera des générations de spécialistes du film d’animation de tous les pays, tant pour sa beauté plastique, son audace visuelle, son engagement avec une thématique et des plans sans évoquer le « Métropolis » de Fritz Lang que pour la poésie et la finesse des dessins : l’ombre de Prévert se ressent tout au long du métrage.
En 1991, il publie « Traits de mémoire » testament ultime d’un artisan du rêve, un maître incontesté de l’animation dont on devrait montrer son intemporel « Le roi et l’oiseau » à tous les enfants de la terre. Son talent sera fort heureusement reconnu en 1989 par la remise d’un césar d’honneur lors de la cérémonie des césars du cinéma français. Il s’éteindra en mars 1994 à l’âge de 89 ans.
Pour les curieux , il est possible de visionner sur Youtube un documentaire sur Paul Grimault et l’ouvrage « Les passagers de la grande Ourse » introuvable en édition originale a été réédité en 195 chez Gallimard.

 » Paul Grimault Traits de mémoire » Livre d’art. Éditions Seuil 1991

Traits de mémoire

Paul Grimault affiche publicitaire

De la terre à la lune Paul Grimault

le diamant 1970

le diamant

le passager de la grande ourse livre

le passager de la grande ourse 2

 

 

 

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